C'EST LA MERDE BLANCHE NEIGE...

J'ai passé la pire nuit de ma vie. J'ai cru que j'allais y passer. Après avoir recherché mon second emplacement de camping sauvage, je me suis installé assez tôt. Vers 14h. Un emplacement moin lugubre que la veille mais qui n'était pas celui désigné par les rangers car je ne l'ai jamais trouvé. Bref, je prends mon temps, prépare mon déjeuner, m'allonge sur la pierre au soleil quand le temps tourne. Le ciel devient gris foncé et le vent fait dangereusement vaciller ma tente. Je rentre dedans pour lui donner du lest. Le vent est violent et sans moi la tente s'envolerai. En plus vu que je me suis installé comme hier sur de la pierre, impossible de mettre des piquets pour tout maintenir. Il est 18h30. Le vent devient vraiment très fort et ne s'est pas arrêté depuis 16h. 20h là c'est carrément des bourrasques, la tente se plie littéralement. J'essaie de maintenir sa structure. Je pousse avec mes pieds avec mes bras. Les tiges qui composent son ossature plient et grincent. Elles vont céder ce n'est qu'une question de minutes ou la toile va se déchirer. J'ai l'impression que c'est une bataille entre le vent et moi. Je ne me sens vraiment pas de taille. Je suis au milieu de nul part, si la tente lache c'est vraiment la merde. Je m'habile pendant une accalmie de quelques minutes. Je n'ai qu'un short et heureusement un duvet. Je mets mes affaires importantes dans un petit sac à dos. Je vais rester au maximum sous ma tente et lorsqu'elle se brisera je ferai le chemin de nuit dans la forêt. Je ne suis pas rassuré par cette solution d'autant qu au visitor center j'ai vu qu'il y avait comme animaux nocturnes des coyottes, des pumas et aussi parfois des ours bruns mais je n ai pas le choix. Le pire c'est qu'il n est que 21h30. Ça fait déjà 3h que je bataille et que le vent ne se calme pas et souffle sans cesse. C'est comme s'il voulait abattre ma tente. Je suis épuisé. J'ai besoin de dormir. Hier j'ai mal dormis. J'était stressé dans cette environnement hostile. Entre 2 moments plus calmes je fait des micros siestes de quelques secondes, minutes. Puis vers 23h c'est l'enfer. Des bourrasques de tous les côtés. La tente se soulève et moi avec. J'appuie de tout mon poids pour qu'elle ne se renverse pas. J'ai vraiment peur. Que vais je faire. Le jour ne va pas arriver avant 6h. À 1h je me décide et appele le 911 pour savoir quoi faire. C'est une tempête et il pleut en plus. Pas de reseau. Rien. Je suis au milieu de nul part seul. Je passe mon temps a pousser, remettre les structures un peu droite même si 5mn après tout est à refaire puis je trouve une position qui me permets de maintenir la tente en restant allongé. Ça semble fonctionner. Le vent est toujours aussi violent, la tente plie mais je la laisse faire avec le vent. Je la soutient juste. Je dors toujours par micro siestes. Je délire un peu. Il est 3h. Plus que 3h et ça ira. 2h même, au pire je resterai dans la nuit noir un peu. J'ai froid. J'ai fain je n ai pas pu manger. Enfin le jour se lève. Le vent s'est arrêté. Il pleut violemment. Je reste dans la tente et range au plus vite mes affaires. Le vent revient. Impossible de démonter la tente dans ces conditions. J'attend. Ça ne se calmera pas. Je ne ferai pas la même erreur qu'hier à attendre pour rien. Je sors de la tente et en me battant contre le vent, en mettant de lourdes pierres, j'arrive a la démonter. Je fourre tout à l arrache et part de ce camp maudit. La pluie a fait gonfler la rivière, pas facile de retrouver mon chemin. Il pleut toujours. Je suis en short. Je retrouve enfin Betty qui m'attend là, toujours fidèle. Je vide toute l eau que j'ai pour nous alléger et fonce au visitor center. À priori j'ai fait des pointes à 50km/h. La montée d'avant est une descente vertigineuse. Il neige maintenant. Mes mains sont gelés mais je suis en vie. J'ai vraiment cru un moment que j'étais allé trop loin et que j'allais le payer. Je me suis dit au pire tu marches dans la nuit et tu retrouveras la route un moment mais avec le vent, le froid, la pluie, la peur surtout c'était vraiment traumatisant. là je prends conscience du truc et je l'écris pour ne pas oublier ce que j'ai ressenti à ce moment. J'ai sorti ma tente dans ma chambre d'hôtel pour la sécher et le son de la toile m a fait grincer des dents. Je pense que cette expérience m a pas mal traumatisée.

Moi au réveil 

Moi au réveil 

Ma tente qui a pas mal souffert, balancé dans un coin

Ma tente qui a pas mal souffert, balancé dans un coin

Quelques arbres ont cassés ou se sont pliés et l'eau a bien monté 

Quelques arbres ont cassés ou se sont pliés et l'eau a bien monté